
À propos
"Nos racines sont au fond des bois, parmi les mousses, autour des sources"
Emile Gallé, un des fondateurs de l'Art Nouveau à Nancy
Ci-contre : la source de Tiragoutte, elle donne son nom au lieu-dit. Une "goutte" en parler vosgien signifie une source, un ruisseau, une zone humide. Pour vous rafraîchir, montez le son !
Depuis 2 ans, nous envoyons tous les mois un échantillon au programme O'Citeaux qui étudie la qualité et l'évolution des eaux vosgiennes. L'avantage de la source est que nous pouvons également communiquer son débit et sa température en sortie de terre. Même en pleine canicule, elle est très fraîche (11 à 12 degrés) !
édition 2025

J'aime les champs d'arbres
Une tribune de Raymond Gabriel, président de l'association. Août 2026

J’aime les champs d’arbres.
D’abord, j’ai grandi dans la forêt vosgienne, sans me poser de questions, parcourant les bois, regardant les arbres, tous sans exception, les grands, les petits, les branchus, ceux qui faisaient des grandes colonnes, les plantés, les pas plantés, ce dont je me fichais bien. De là m’est venu un sentiment qui ne m’a jamais quitté : chez nous, les arbres on les aime tous.
C’est aussi simple que cela.
Alors forcément, j’aime les champs d’arbres.
« Ce ne sont pas des forêts », « C’est de l’industrie », « C’est pour le profit ».
Pourtant, ne plus avoir de champs d’arbres chez nous, c’est déforester ailleurs dans le monde.
Comment peut-on vouloir tout à la fois défendre le climat et accepter cela ?
L’injonction de « consommer local » ne pourrait-elle pas concerner le bois qui couvre nos besoins ?
Les fumées des immenses feux dramatiques de l’année 2026 sont un largage massif de pollution, là où la forêt stockait le carbone. Le réchauffement climatique provoque et aggrave les incendies, et la combustion des forêts aggrave le problème. Soit.Mais il est un détail fondamental qui questionne l’existence des champs d’arbres : le bois qui en est issu est un outil de substitution majeur dans la lutte contre le changement climatique. Chaque fois qu’on utilise du bois, c’est autant d’acier, de béton, de plastique en moins, eux qui dévorent des énergies fossiles pour être fabriqués.
Dans un monde meilleur, écologique, le bois est au premier plan.
Et pour cela, il faut des champs d’arbres.
Si, au nom de la biodiversité, on entend créer des forêts « en libre évolution » afin de préserver les milieux sensibles, c’est très bien ! D’ailleurs, les forêts candidates ne manquent pas : au CNPF (voir plus loin), on estime qu’un quart environ du total des forêts françaises est à l’état d’abandon.
Mais si par ailleurs on veut des sacs en papier pour faire ses courses, du papier-toilette — même recyclé, il vient bien de quelque part ! —, des charpentes, des maisons écologiques ou si l’on veut imprimer des livres sur la déforestation, il faut couper des arbres. Plein d’arbres.
Autant les couper proprement, efficacement. L’idée que des forêts puissent être de production pendant que d’autres restent libres de toute intervention humaine est une alternative sérieuse à la déforestation importée. Notre pays, pourtant bien pourvu en forêts, importe chaque année pour près de 10 milliards d’euros de bois et de produits dérivés, issus de pays où l’on est parfois bien moins regardants qu’ici sur les questions de biodiversité.
Derrière la dénomination méprisante « champs d’arbres » se cache bien sûr un autre adjectif : des « champs d’arbres résineux » ! Ce mauvais procès vient en contradiction avec la lutte contre le changement climatique.
Décrire les résineux comme une horreur écologique par méconnaissance du sujet, pire par la désinformation est devenu la norme. Si on plante du résineux, c’est qu’on en a besoin. Si on a commis des erreurs, si on n’a pas su préméditer les canicules, c’est une chose -le sujet est difficile-, mais le besoin, lui, est toujours là.
Tout au bout de la chaîne, un minimum d’observation au rayon bois d’un magasin devrait mettre la puce à l’oreille : quels sont donc ces bois qui servent à la construction, de la plus petite latte décorative à la charpente des maisons ? Du résineux, solide, léger et facile à travailler — donc très peu énergivore à transformer.
Quel autre matériau pour le supplanter dans la course à la sobriété ?
Quant à l’affirmation que les champs d’arbres résineux ont envahi les espaces forestiers, c’est tout simplement faux. La consultation des excellents memos de l’IGN-inventaire forestier nous délivre un chiffre étonnant : les plantations de résineux représentent 10% du total des forêts françaises (chiffre 2021, légèrement atténué depuis, en raison des dépérissements et des incendies). Même en ajoutant les zones où le résineux est spontané et les massifs mixtes, on atteint à peine un quart sur l’ensemble. La forêt française est très majoritairement feuillue.
Le célèbre documentaire Le temps des forêts, grand prix du festival de Locarno (2018), y va de sa petite phrase assassine : « le résineux plaît à l’industrie ». Tout est dit, il n’y a plus qu’à monter les marches des festivals, toutes de contreplaqué recouvert de moquette, en se gaussant de ces profiteurs qui font de la forêt de production et pratiquent les coupes rases.
Nous vivons tous sur des coupes rases.
En 2 siècles à peine la forêt française a doublé et, on peut le dire, elle revenait de très loin : il n’y en avait jamais eu aussi peu que depuis la dernière glaciation. Nos ancêtres avaient besoin de bois, mais aussi de surfaces agricoles. Alors en 4500 ans, ils ont rasé, défriché les forêts, les plus belles, là où la terre était la meilleure. Au début du 19e siècle il fallait deux fois plus de surfaces agricoles pour nourrir deux fois moins de population qu’actuellement, avec au passage 75% de la population active aux champs et aux bois , contre 1% aujourd’hui.
Une forêt sur deux a moins de 200 ans en France.
Quand on découvre que la forêt française progresse toujours annuellement de 90 000 hectares par an (environ 10 fois la surface de Paris pour se faire une idée), il n’est pas du tout pertinent d’affirmer qu’il s’agit de « plantations de champs d’arbres ». Ces mutations sont dues à l’abandon de surfaces agricoles défavorables (dont beaucoup de zones humides !) qui répondent à un mécanisme tout à fait naturel : toute surface laissée à son sort retourne inexorablement en forêt.
Mais aussi : 90% du territoire serait en forêt « si nous n’existions pas ». Autrement dit, là où nous habitons, là où nous circulons, lâ où les champs sont cultivés, sur le parking du supermarché, étaient des forêts primaires, sur les plus belles terres, soit presque les deux tiers du territoire en 2026.
Nous vivons tous sans exception sur des coupes rases qu’on n’a pas laissé retourner en forêts.
Quant aux coupes rases forestières tant décriées, elles représentent annuellement, en y incluant les coupes sanitaires induites par le changement climatique : 0,35% (source IGN). Quoiqu’il arrive, la forêt y revient, plantée ou pas.
On hurle désormais qu’il faut absolument planter des arbres en ville pour faire de l’ombre, mais on ne veut pas planter des arbres pour faire des planches.
Pour certains le mot sylviculture est désormais un qualificatif méprisant, comme le mot agriculture. Récupérer les drames de la forêt pour critiquer ce qui s’y passe révèle un grand manque de compassion, d’abord, mais aussi un recul inquiétant du sens critique.Il est courant de se précipiter sur l’ONF pour commenter, voire critiquer ce qui se passe dans les forêts françaises. Or l’ONF ne gère qu’un quart des forêts du pays. Les trois autres quarts appartiennent à des propriétaires privés. Ont-ils des grands domaines où règne l’impunité et la soif de profit ? Derrière les clichés se cachent d’autres réalités : Ils sont 3,5 millions (un français sur 20 !), héritiers de parcelles plus ou moins grandes, extrêmement dispersées, à l’image de ce qui se passe en agriculture. Personne ou presque ne connaît l’existence du CNPF (Centre National de la Propriété Forestière) qui a l’immense charge de dynamiser la forêt privée par des conseils de gestion mais aussi de veiller à l’application du Code Forestier, tout en travaillant aux enjeux du futur, avec des associations de propriétaires forestiers comme Fransylva.
C’est une pluie de commentaires acerbes, d’accusations, de clichés, de récupération des drames, quand ce ne sont pas des mensonges, qui s’abat sur les forêts et ceux qui en ont la charge. Mais c’est une pluie sèche qui ne fait qu’attiser le feu dans les esprits.
Quand l’eau reviendra, quand les feux seront éteints, il sera grand temps que les forestiers puissent être enfin entendus, qu’ils nous expliquent leurs réalités, leurs difficultés si ce n’est leurs désespoirs, leurs enjeux. Celui qui plante n’est pas celui qui coupe. Il faut qu’ils nous expliquent ce qui est désormais mis en œuvre, pour demain. Mais aussi qu’ils nous disent, pour ceux qui ont des champs d’arbres, pour ceux qui vont en reconstruire, combien ils les aiment.
Dans un monde meilleur, il y en a forcément. Il y en a même beaucoup plus.
Alors j’aime les champs d’arbres.
Raymond Gabriel
Raymond Gabriel gère une petite forêt privée, il est président de l’association La Forêt de Tiragoutte qui organise tout au long de l’année des visites forestières dans les Vosges, à Belval. Le parcours pédagogique retrace l’histoire des paysages, les formes de sylviculture basées sur la diversité et les moyens d’adaptation au changement climatique. Il propose une conférence interactive « 10 questions sur les forêts françaises ». Il est vice-président des Forestiers Privés de Senones (Fransylva), et collabore régulièrement avec le CNPF Grand Est. La Forêt de Tiragoutte participe notamment au festival Nuits des Forêts (6e édition en 2026).
Photo (R. Gabriel) : reflet d’un « champ d’arbres d’épicéas » sur la zone humide de Tiragoutte. Même des « champs d’arbres » peuvent être abandonnés, montrant la complexité des situations forestières. Cette parcelle a été plantée il y a 60 ans environ par un garde forestier retraité qui voulait produire des bois de qualité « pour ses enfants ». Des disputes au moment de l’héritage ont créé une situation d’indivision, la parcelle a été abandonnée, présentant des signes de dépérissement faute d’éclaircies. Depuis elle a été rachetée et fera l’objet d’une exploitation.
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Les Nuits des Forêts 2026 sont passées, mais on vous laisse le programme pour juger de la grande diversité de nos animations !
Pour la 6e année consécutive, la Forêt de Tiragoutte s'engage aux côtés du Festival Nuits des Forêts pour accueillir le public et l'inviter à découvrir le monde de la forêt.
Découverte des oiseaux, ateliers de vannerie, de cyanotype (photographie "végétale"), visites de la forêt de jour comme de nuit, exposition de photographies de Pierre Rich, concerts en forêt avec le mythique Forest Mecanic (invités Clémence Leh, chant, guitare, Marianne Schuppe, chant), une balade conférence pasionnante avec l'historien Damien Parmentier, atelier "Je dessine la forêt" avec Florent Meyer, pique-nique forestier en compagnie de chasseurs (André Rodeghiero, Christian Fuzelier, la Fédération des chasseurs des Vosges), le programme promet d'être riche et varié, et c'est toujours en entrée libre, mais les réservations sont indispensables (voir plus bas).
Merci à nos soutiens :
Nuits des Forêts / Fransylva Forestiers Privés des Vosges / Crédit Agricole Alsace Vosges / Commune de Belval /
Merci pour sa participation : Centre National de la Propriété Forestière-CNPF Grand Est



Nuits Des Forêts 2026 : le programme
Vendredi 29 mai à 20 H “10 questions sur les forêts françaises…et vosgiennes” : Conférence de Raymond Gabriel, en avant-première des Nuits des Forêts, à la Médiathèque de Senones (Vosges). Plusieurs années d’observation du ressenti des citoyens à propos des forêts méritent quelques réponses. Limité à : 40 personnes
Mardi 2 juin à 16 h Visite de la Forêt de Tiragoutte avec l’association Des Hommes et Des Arbres (en avant première des Nuits des Forêts) : Avec ses 32 espèces forestières spontanées, un exemple de forêt diversifiée. Limité à : 30 personnes
Du 5 au 21 juin Exposition de photos forestières et animalières “Lieux sauvages” de Pierre RICH sur le sentier pédagogique de la Forêt de Tiragoutte pendant la durée du festival.
Vendredi 5 juin à 14 h Atelier d’expertise d’une parcelle forestière, en compagnie de l’association des Forestiers Privés de Senones (Fransylva), accompagnés par Michèle Flambard (CNPF Grand Est). Analyse d’une parcelle délaissée : qu’y faire ? Comment favoriser sa croissance ? Limité à : 15 personnes
Vendredi 5 juin à 17 h 30 Ouverture des Nuits des Forêts 2026 avec un pot de l’amitié.
Vendredi 5 juin à 21 h Visite Nocturne de la Forêt de Tiragoutte en compagnie de Michèle Flambard (CNPF Grand Est), illuminations, photos animalières, concert en forêt avec Forest Mecanic. Limité à : 35 personnes
Samedi 6 juin à 14 h Atelier “Je dessine la Forêt” avec l’artiste Florent Meyer, visite de la forêt, reconnaissance des arbres et des herbacées, atelier de dessin. Limité à : 30 personnes. En collaboration avec l'association Helicoop dans le cadre de la biennale 2026/2027 En savoir plus :
Samedi 6 juin à 21 h Visite Nocturne de la Forêt de Tiragoutte en compagnie de Michèle Flambard (CNPF Grand Est), illuminations, photos animalières, concert en forêt avec Forest Mecanic. Limité à : 35 personnes
Dimanche 7 juin à 10 h Atelier Vannerie : les techniques ancestrales de l’osier récolté à la source de Tiragoutte. Avec Pascale Dorvillers et Yvonne Heidenreich. Limité à : 15 personnes
Dimanche 7 juin à 15 h Atelier Cyanotype : impressions végétales. Avec Pascale Dorvillers et Yvonne Heidenreich. Limité à : 15 personnes
Vendredi 12 juin à 21 h Visite Nocturne de la Forêt de Tiragoutte en compagnie de Michèle Flambard (CNPF Grand Est), illuminations, photos animalières, concert en forêt. Invitée Clémence Leh, chant, guitare. Limité à : 35 personnes
Samedi 13 juin à 15 h Atelier Cyanotype : impressions végétales. Avec Pascale Dorvillers et Yvonne Heidenreich. Limité à : 15 personnes
Samedi 13 juin à 21 h Visite Nocturne de la Forêt de Tiragoutte en compagnie de Michèle Flambard (CNPF Grand Est), illuminations, photos animalières, concert en forêt avec Forest Mecanic (invitée Clémence Leh). Limité à : 35 personnes
Dimanche 14 juin à 10 h Découverte des oiseaux des forêts, avec Laurence Gabriel. Écoute, observation, découverte de leurs modes de vie. Limité à : 10 personnes
Dimanche 14 juin à 10 h Atelier Vannerie : les techniques ancestrales de l’osier récolté à la source de Tiragoutte. Avec Pascale Dorvillers et Yvonne Heidenreich. Limité à : 15 personnes
Dimanche 14 juin à 12 h Pique-Nique forestier, en compagnie de André Rodeghiero, Christian Fuzelier, chasseurs et la Fédération des chasseurs des Vosges avec le Mobil’Faune : dialoguer, échanger, comprendre. Limité à : 40 personnes
Dimanche 14 juin à 14 h Atelier Cyanotype : impressions végétales. Avec Pascale Dorvillers et Yvonne Heidenreich. Limité à : 15 personnes
Dimanche 14 juin à 16 h Concert Forest Mecanic, le duo mythique né des Nuits des Forêts en 2021, pour son concert intégral. Invitée, Clémence Leh, chant, guitare. Entrée libre.
Vendredi 19 juin à 21 h Visite Nocturne de la Forêt de Tiragoutte, illuminations, photos animalières, concert en forêt. Invitée : Clémence Leh, chant, guitare. Limité à : 35 personnes
Samedi 20 juin à 15 h Conférence-promenée avec Damien Parmentier, écrivain et historien de renom. Sur les traces du passé, l’aventure des paysages, les respirations de la forêt. Limité à : 35 personnes
Samedi 20 juin à 21 h Visite Nocturne de la Forêt de Tiragoutte, illuminations, photos animalières, concert en forêt avec Forest Mecanic. Invitée : Marianne Schuppe, chant. Limité à : 35 personnes
Dimanche 21 juin à 10 h Découverte des oiseaux des forêts, avec Laurence Gabriel. Écoute, observation, découverte de leurs modes de vie. Limité à : 10 personnes
C'est gratuit*, mais les réservations sont indispensables !
contact réservations :
(de préférence), ou
06 81 05 56 51
*pour les ateliers de vannerie et cyanotype, nous demandons une petite participation de 10 €, vous emporterez vos oeuvres !
C'est gratuit*, mais les réservations sont indispensables !
contact réservations :
tiragouttecontact@gmail.com (de préférence), ou 06 81 05 56 51
*pour les ateliers de vannerie et cyanotype, nous demandons une petite participation de 10 €, vous emporterez vos oeuvres !



Sur le territoire des chevreuils. Lors des visites guidées, nous traversons une parcelle et j’explique aux visiteurs en suivant le sentier que nous sommes sur le territoire du chevreuil. Une caméra placée sur le sentier nous le confirme : quelques jours après la dernière visite, la chevrette et le chevreuil reviennent : nous sommes bien sur leur territoire !
Musique : Blue Jungle / Forest Mecanic (Raymond Gabriel-Sébastien Kohler)
Informations pratiques
Belval se trouve à 1 heure de Strasbourg et de Nancy et à 25 mn de St Dié des Vosges, au Pays des Abbayes.
Pour visiter la forêt, il faut avoir pris rendez-vous. Ouvert en toutes saisons.
Nos conseils pour une visite réussie : s’habiller en fonction de la météo, avoir des chaussures adaptées (le parcours est facile). La durée moyenne des visites guidées est de 2 à 3 heures. Nos amis les chiens s’ils sont sages et tenus en laisse sont admis. Lorsque votre rendez-vous est validé, nous vous adressons un email de confirmation avec votre feuille de route pour accéder à la Forêt de Tiragoutte.
Stationnement : en forêt à 250 m (parking), ou au village : la forêt se trouve à 700 m.
Personnes à mobilité réduite : il est possible d’organiser des visites sous certaines conditions, nous pouvons faciliter l’accès pour des visites aménagées, contactez-nous.







